Les derniers Jours d'Ellis Cutting
Une BD de Thomas Vieille chez Gallimard (Bayou) - 2010
05/2010 (17 mai 2010) 112 pages 9782070622740 Autre format 111917
Fin XIXe, en Amérique du Nord, la ruée vers l'or touche à sa fin. Ellis Cutting se rend dans un camp de chercheurs d'or, espérant trouver un peu de répit dans sa fuite, et conscient que les agents Pinkerton le traqueront sans relâche. Mais un mystérieux passeur lui confie qu'il va mourir en ces lieux. Entre truanderie, règlements de comptes, rencontres et cinématographe, Ellis va pourtant se surprendre à croire en un avenir meilleur.
Ce western est quand même très curieux. On a droit à la dernière tranche de vie d’un homme sans rien connaître de son passé. On sait juste qu’il fuit un riche magnat en chaise roulante. Il va passer sur une autre berge où il sait qu’il va vivre ses derniers instants. L’important n’est pas de savoir ce qu’il a fait mais comment il va mourir. Et généralement, pour corser le tout, on meurt de la façon la plus inattendue qu’il soit.
C’est le parti pris de l’auteur. Il faut dire que son récit n’est absolument pas ennuyeux. C’est plutôt bien construit. Cependant, j’aurais quand même aimé en savoir plus sur cet homme intelligent et fataliste à la fois. J’ai accepté ce schéma mais j’aurais alors voulu que cela soit en échange de quelque chose d’extraordinaire ce qui ne sera pas le cas. Bref, tout ça pour connaître la façon dont on meurt. S’agissant d’un western, il ne faut pas être devin pour savoir …
Au final, un bon western bien dosé mais dont on espérait quand même un peu plus !
Le titre l’annonce, Thomas Vieille nous invite à suivre les derniers jours d’Ellis Cutting, un redoutable lonesome cowboy dont on ne saura rien, en cavale au milieu de nulle part.
Graphiquement c’est assez sommaire mais très efficace, surtout quand les silhouettes sont happées une à une par le brouillard omniprésent.
La maîtrise est avant tout narrative : le récit est sec, le rythme rapide. Ici pas de psychologie, pas de digression. Juste une poignée de personnages dans une ambiance proche de « Dead Man » de Jarmush ; tueurs à gages en costard, chercheur d’or poissard et passeur mystique menant sa barge d’une rive à l’autre d’un fleuve qui a tout du Styx…
Qui est Ellis Cutting et qu’a-t-il fait pour en arriver là ? Thomas Vieille si tu m’entends, raconte-nous ça !!
Très sympa avec un petit arrière goût de "Dead Man" dans le côté western un peu décalé et mystique. Les bonnes grosses louches d'humour se mêlent à des thématiques plus "profondes" et notamment liés à cette fin de 19ème siècle et à l'entrée dans un nouveau siècle empreint de "modernisme" symbolisé par le cinématographe, signant ainsi la fin de bien de superstitions !? (je m'emballe là peut-être ^^) . Construction, rythme, dessin et couleurs sont vraiment très réussis je trouve et font de ce Ellis Cutting (qui a de vrais airs de Burt Reynolds ?!!) une BD tout à fait recommandable...